GRANDS COURANTS ARTISTIQUES 2

La culture chinoise
Elle demeure au Vietnam la plus riche, en raison de l’occupation de « l’Empire du Milieu » durant plus de dix siècles. Les premières manifestations artistiques sont les tambours de bronze du musée d’histoire de Hanoi. Leur décoration évoque la vie de peuplades de chasseurs et de marins voguant sur des barques qui pourraient bien être à l’origine des jonques de la baie d’Along. A cette civilisation du bronze, on peut opposer les tombeaux en briques des fonctionnaires chinois établis au Tonkin dès le I” s. de notre ère. On y a retrouvé des miroirs, des fonds de bassins sur lesquels sont gravés poissons et oiseaux, des poteries recouvertes d’une matière vitrifiée, couleur crème. Au Tonkin, certaines tombes nous ont révélé des modèles réduits de maisons (le musée Guimet à Paris en possède plusieurs) ou de fermes du plus haut intérêt pour l’histoire de l’architecture de la Chine antique.
Au X” s., les ambassadeurs chinois Song décrivent le Vietnam aux villes percées « de portes monumentales en forme de pavillons ». Hanoi est fondée, le palais du souverain comporte quatre étages sculptés de dragons et de cigognes peints en rouge et laqués. Les sols sont revêtus de dalles de terre cuite ornementées. Le pays se couvre de pagodes recouvertes de carreaux émaillés à motifs floraux et animaux. Sous les Lê postérieurs (1428-1788) sont érigées les plus belles pagodes et maisons communes (Dinh). Hanoi s’embellit alors d’un « temple de la culture littéraire » aux cours dallées et aux
petits bâtiments abritant tablettes et autels. Auprès d’un bassin carré où se reflète l’éclat pur du ciel, se dressent sur d’immortelles tortues de pierre, les stèles commémorant les examens littéraires.
Avec la dynastie des Nguyen, s’ouvre une ère nouvelle. Sous le règne des premiers empereurs, les Français construisent des citadelles « à la Vauban », comme celle de Hué. On ressent, dans l’ordonnance des sépultures impériales de Hué, l’influence de la Chine des Qing (1644-1911) et du grand siècle de Louis XIV, dans un décor de fleurs et d’arbres exotiques.
Si le Vietnam excelle dans la sculpture sur bois doré, rares en sont aujourd’hui les témoignages. Seul demeure l’art de la céramique. Les Chinois ont appris aux habitants du delta du fleuve Rouge à façonner leurs poteries au tour, à les revêtir d’une couverte brillante et à les décorer de motifs incisés ou en relief. A l’époque Song, vers le X’ s., apparaissent de grands vases cylindriques, à couvercle représentant des motifs animaliers, décorés de rinceaux brun rouge se détachant sur un fond maïs ou blanc crème. Au milieu du XVT s., les fours de Bat Trang, produisent une belle qualité de faïences fines qui se déclinent en théières, brûle-parfum, chandeliers et vases destinés aux pagodes. Au XIX’ s., les Vietnamiens préfèrent importer leurs céramiques de Chine, les célèbres « bleus de Hué » provenant pour la plupart des grandes manufactures chinoises de Fou Nien ou dejingdezhen.
Le travail du laque s’exprime à travers meubles, panneaux incrustés de nacre ou d’ivoire. Le laque peut être noir ou rouge par addition d’oxyde de fer, une vingtaine de couches sont indispensables pour obtenir une surface lisse et douce au toucher. L’or ne s’emploie que pour des pièces de choix et il est souvent remplacé par de l’argent qui, à travers la dernière couche de laque transparente et l’huile d’abrasin, prend une teinte mordorée.

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