GRANDS COURANTS ARTISTIQUES 4

Le papier apparaît au Vietnam au III’ s. de notre ère. Il est fabriqué à partir de l’écorce d’une plante grimpante qui pousse dans le centre du pays. L’écorce macère dans l’eau de chaux puis est cuite au bain-marie dans des fours qui brûlent durant plusieurs jours. Après cuisson, l’écorce passe au pilon ; la pâte blanche obtenue est mélangée avec une colle végétale pour être étalée sur un tamis de façon à obtenir de grandes feuilles. Les feuilles sont séchées puis repassées à la main. L’impression des livres se faisait par xylographie, à partir de planches où le texte était gravé. Les diplômes décernés par le roi aux mandarins étaient constitués d’un papier spécial avec, en filigrane, un dragon, symbole impérial.

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L’estampe était fabriquée à partir de gravures sur bois. Elle servait à décorer l’habitation lors de la fête du Têt. Des artisans spécialisés étaient chargés de chaque phase de la fabrication de l’estampe : dessin, gravure, impression, coloriage sur un papier recouvert d’une couche nacrée et irisée, faite de poudre de coquillages.
La laque est une sève qui s’écoule de l’arbre laquier. Séchée, puis oxydée, elle devient « le» laque » qui peut recouvrir les objets d’un vernis brillant. Les Vietnamiens s’en servent pour les colonnes, les poutres, les statues, les tablettes funéraires, les coffrets… La gamme de couleurs s’étend du brun au rouge. Dans les années 1930, naît la peinture sur laque, sur un support de bois. Une infinité de nuances a pu être obtenue par la poudre d’argent ou la coquille d’œuf pulvérisée pour les effets de perspective et de volumes.

LA LITTÉRATURE
Au cours de son histoire, la littérature vietnamienne a dû être rédigée en trois langues : chinoise, vietnamienne et française.
La littérature vietnamienne en langue chinoise
Les textes les plus anciens, poésies ou annales, datent du xr s. Jusqu’au XIV’ s., les œuvres de bonzes ou de lettrés de la cour des Ly et des Trân développent les thèmes du bouddhisme : fragilité de la vie humaine, alternance de la vie et de la mort, louange de la nature… A la fin du XIIIe s., les ouvrages historiques voient le jour. Tout le XIVe siècle s’attachera à publier des textes historico-légen- daires. Les XV* et xvr siècles affichent la suprématie intellectuelle des lettrés sur les religieux. Sous le règne de l’empereur Lê Thanh Ton s’ouvrent les premiers « salons» avec un nouveau genre littéraire : le vinh su (« chanter l’histoire »). Aux XV1′ et XVIe s., la litté-rature s’enrichit de contes, de légendes et de textes historiques non officiels, elle restera florissante jusqu’au début du XXe s. Le chef-d’œuvre du XVIIF s. demeure La Complainte de la Femme du Guerrier de Dang Trân Côn, composé en vers chinois. Tous les Vietnamiens connaissent le Kim Van Kieu de Nguyen Du (1765- 1820), poème de B 254 vers. C’est l’histoire d’une jeune fille qui jure fidélité à celui qu’elle aime mais qui doit sauver son père, selon les rites confucéens, en devenant une « fille aux entrailles déchirées », une femme de mauvaise vie.
La littérature en langue vietnamienne
Elle s’écrit selon deux modes de transcription : avec des caractères chinois pour noter les sons vietnamiens (système de rédaction en nom) ; avec des caractères romains (ou quôc ngu). La littérature en nom s’est développée du XVIe au XIXe s. par la poésie, la prose, la chanson et le roman en vers aux sujets puisés dans les romans chinois. La chanson est un genre littéraire typiquement vietnamien : chants d’aveugles entendus sur les marchés et sur les places des villages, berceuses, chants de sampaniers… Le genre hat noï (chant parlé) est le plus répandu ; son origine est sans doute sacrée. Lorsque les chansons sont anonymes, elles entrent dans le genre ca dao et sont transmises de génération en génération.
La littérature contemporaine
En 1862, la France s’installe en Cochinchine, apportant sa culture. L’adoption généralisée du quôc ngu (alphabet latin) n’empêche pas certains lettrés confucéens d’écrire des poésies emplies des regrets de l’indépendance perdue. En 1906, est créée une forma-tion politique modérée, composée de lettrés confucéens et réformistes. Elle a pour ambition d’éduquer la masse vietnamienne et de faire connaître aux lecteurs la traduction des œuvres de Rousseau, Voltaire, Diderot…
Entre 1914 et 1940, la culture française est diffusée par la presse et des revues littéraires. Le plus grand poète de cette période est Tan Da, pionnier de la Nouvelle Poésie. Après l’occupation japonaise, le Vietnam entre dans une guerre de libération ; les écrivains sont enrôlés dans les unités combattantes de la Résistance tandis que la France se retire du Vietnam en 1954. Entre 1954 et 1964, la littérature des minorités, due à une alphabétisation forcée, se développe dans le nord, ce qui permet de recueillir de nombreux contes et chansons. L’année 1964 donne naissance à une littérature de résistance anti-américaine dans le Nord et à une littérature « désespérée » dans le Sud. Les thèmes sont l’héroïsme révolutionnaire, et la vie des paysans des rizières. À la même époque, les œuvres de grands écrivains (Hemingway, Faulkner, Mark Twain) sont traduites en vietnamien. En 1975, le Vietnam a du mal à trouver une littérature objective. Les auteurs sont déchirés entre l’idéologie communiste et le monde occidental. Certains, comme la militante Duong Thu Huong (Au-delà de l’illusion, Terre des oubliés, Paradis aveugles), appartiennent à une génération de l’espoir.

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